« Pour l'humour de Dieu », Sim
Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas plus de romans et de pièces de théâtre sur l'au-delà, sur ce qui se passe après la mort. Personne n'en sait rien, donc on peut imaginer.
C'est ce que fait Sim dans ce roman et il le fait très bien. Un roman plein de fantaisie du début jusqu'à la fin. Complètement barjot.
L'histoire est difficile à résumer. Il faut même s'accrocher. Pierre Attier vient de mourir. Il se retrouve avec d'autres âmes défuntes au purgatoire du fait d'une vie menée de manière pas tout à fait exemplaire. Pour aller au Paradis, Dieu lui propose un marché. Revenir sur Terre pour y faire des horreurs dans le but de s'infiltrer chez Satan.
Donc le revoilà qui renaît dans la famille de ses anciens voisins et grandit dans l'immeuble dans lequel il a vécu des années avec sa femme, désormais sa veuve, qu'il rencontre parfois dans l'ascenseur (alors qu'il n'est qu'un enfant). J'ai bien dit qu'il fallait s'accrocher. Il n'a qu'une mission durant son enfance et son adolescence - créer la zizanie. Et il excelle !
Il est récompensé pour ses efforts, arrive au Paradis, où Dieu lui propose un autre marché. Je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de découverte.
Quand on pense au nombre de romans qui sont publiés chaque année et qui racontent plus ou moins la même histoire, celui-ci sort de la pile et mérite d'étre plus connu. Pas pour tous les goûts, j'imagine, mais moi qui aime les récits loufoques pas trop bêtes, c'est parfait. Ce roman est tellement tarabiscoté qu'on en arrive même à se demander comment Sim en a eu l'idée ! On le lit les yeux écarquillés !
« Vous descendez? », Nick Hornby
Encore un sujet pas très hilarant choisi par Nick Hornby, mais le traitement qu'il en fait est amusant.
Vous descendez ? est l'histoire de quatre personnes qui ont décidé de se suicider et qui se retrouvent sur le toit d'une tour de quinze étages pour y sauter, mais voilà qu'ils se dérangent les uns les autres et changent d'avis en se parlant.
C'est un récit à quatre voix, quatre êtres qui expliquent ce qui les a amenés à vouloir mettre fin à leurs jours. Maureen a un fils malade, Martin est un ancien présentateur de télé qui a divorcé à cause d'une liaison qu'il a eue avec une fille de 15 ans, et Jess et JJ sont en pleine rupture sentimentale.
Le fait qu'ils s'attendaient tous à être seuls pour leur dernier moment sur Terre et se retrouvent en fin de compte à faire la queue pour sauter dans le vide est assez amusant. Humour noir, il va de soi. Et les décisions qu'ils prennent après leurs suicides ratés ne sont pas banales non plus. Je n'en dirai pas plus pour ne pas trop dévoiler l'histoire.
Très bien fait, ce récit. C'est la seconde fois que je lis ce roman et je n'y trouve rien à redire. Les Britanniques ont un humour caustique qui me plaît vraiment beaucoup.
« La bonté : mode d'emploi », Nick Hornby
Un livre qui ne prend pas la tête, très facile à lire.
Ce n'est pas un récit stupide, mais une histoire cocasse sur un couple qui s'essouffle, un couple qui ne s'entend plus, qui est au bord du divorce. Je sais bien qu'il y a plus hilarant comme sujet, certains trouveront même les passages à la fin sur le mariage et la vie à deux un peu tristounets, mais l'ensemble malgré tout est chouette. Il faut bien entendu aimer l'ironie.
Histoire : Kate est une femme mariée, mère de deux enfants, qui annonce au téléphone à son mari qu'elle veut le divorce. Elle vient de le tromper et ne voit plus d'avenir à leur couple. David, son mari, essaie de digérer cette décision, souhaite comme elle minimiser l'impact sur leurs enfants, lorsqu'il fait la rencontre d'un guérisseur qui le fait complètement changer de personnalité. Voilà qu'il devient un bon samaritain, se met à vouloir faire le bien partout, troublant son épouse.
L'arrivée de ce guérisseur dans leur couple (le docteur GoodNews) fait toute l'originalité de cette histoire.
Un roman qui offre un bon moment de détente. Je conseille.
Prochaines lectures
Romans comiques!
Dans ces temps moroses de confinement, on a d’autant plus besoin de romans comiques, il me semble, donc voilà, j’ouvre un blog entièrement consacré à l’écriture romanesque comique.
Les premiers messages ont été repris de mon ancien blog sur l'écriture théâtrale. Il s’agit de mon troisième blog intitulé La Tête A Rire, donc je persiste et signe, j’aime sourire lorsque je lis un roman ou une pièce de théâtre !
« Fuir Pénélope », Denis Podalydès
Un roman comique écrit par un homme de théâtre, donc j'aurais dû aimer, mais non, je n'ai pas été emballée, j'ai même décroché au milieu.
C'est dommage, parce que c'est pas mal écrit, mais il ne se passe pas assez de choses pour moi, juste les étapes foireuses d'un tournage à l'étranger.
Sujet qui aurait pu m'intéresser, mais à part les descriptions du héros qui a le trac les premiers jours du tournage qui sont marrantes, je n'ai pas trouvé qu'il y avait des masses de choses qui se passaient, juste la description dans des chapitres très courts d'un tournage par une équipe pas au niveau, les lamentations du héros à propos d'une relation sentimentale qui vient de finir et je ne sais pas pourquoi l'auteur a voulu, à chaque fois qu'il mentionne le nom d'un personnage, le caractériser en même temps, ce qui donne des associations telles que Juan l'Exaspéré, Juan l'Obscur, Yorgos le Bouillant, Yorgos le Très Aimant, Yorgos le Furieux, Themis la Bafouilleuse, Themis l'Indifférente, Reina la Bienveillante, Reina la Souriante, Marianne la Disparue, Marianne La Lointaine... procédé que j'ai trouvé énervant à la longue.
Il manque un peu de conflit ou les personnages sont peut-être trop gentils, trop sympathiques ? Un autre fil directeur qu'une chronologie de moments foireux aurait été bienvenu. Enfin c'est ce que j'ai ressenti.
« Entretiens avec le professeur Y », Céline
Ce livre est très marrant à lire. Moi qui aime les textes un peu zinzin, les personnages névrosés, on peut dire que là, j'ai été servie ! Je l'ai lu les yeux écarquillés.
C'est un coup de gueule clownesque de Céline contre la vente des bouquins en supermarché, le plagiat, la nécessité de jouer le jeu quand on est auteur, de livrer de soi-même pour faire de la pub, créer le buzz... Le délire d'un auteur vraiment énervé qui parle de sa contribution à la cause littéraire (sans parfois trop de modestie) devant un pauvre gars qui essaie de l'"interviouwer" comme il dit. Au cours de cette "interviouwe" en forme de monologue excité, pas mal de thèmes sont brassés, tellement nombreux qu'il est difficile de tous les évoquer, il faut lire le bouquin.
A lire même deux fois, car personnellement j'ai été tellement surprise de lire un tel texte sous la plume de Céline que je n'ai pas tout assimilé.
Parfait pour ceux qui s'intéressent à l'écriture et à la littérature. C'est avec plaisir que je verrais une adaptation de ce texte sur scène, tout à fait mon style de récit.
« E = mc2 mon Amour », Patrick Cauvin
Ce livre, publié en 1977, a connu un grand succès. Il a eu l'air de marquer pas mal de lecteurs dans leur jeunesse, mais à tout âge, on peut le lire, car l'écriture est amusante.
L'histoire est assez simple en fin de compte, la rencontre entre deux surdoués de 11 ans. Il y a Daniel, qui vient d'un milieu modeste et est passionné par le cinéma américain, et Lauren qui vient d'un milieu plus privilégié et aime Racine. Tous deux se sentent inadaptés du fait de leur intelligence supérieure, et quand ils se rencontrent, ils ont à peine posé les yeux l'un sur l'autre que c'est le grand amour. Les adultes voient leur relation d'un mauvais oeil, bien entendu, et aimeraient bien les séparer.
C'est un récit à deux voix, un chapitre pour lui, un chapitre pour elle, et la manière de s'exprimer des deux est drôle. Le fait qu'ils soient tous les deux surdoués fait toute l'originalité de ce livre. Leur escapade à Venise à la fin est un peu invraisemblable, mais cela n'a aucune importance, on marche malgré tout.
Un bouquin pas très long, un peu plus de 200 pages, qui doit inciter à la lecture quand on le lit dans son adolescence, je pense.
A regarder sur Internet, il y a une suite, sortie en 1999, intitulée Pythagore, je t'adore. A voir donc.
« Nouvelles du paradis », David Lodge
Un roman de David Lodge que j'ai acheté à cause du titre qui m'intriguait.
N'ayant pas lu la quatrième de couverture avant de le commencer, je ne savais pas trop à quoi m'attendre et tout au long du récit, j'ai eu du mal à comprendre quelle histoire l'auteur voulait raconter. Pour moi, il y a deux livres dans ce bouquin, ce qui fait que je n'ai jamais adhéré.
L'histoire : Bernard se rend à Hawaï pour rendre visite à sa tante Ursula qu'il n'a pas vue depuis des années et qui est atteinte d'un cancer et est en fin de vie. Il persuade son père de l'accompagner, car il n'a pas non plus vu sa soeur depuis des lunes. Les billets d'avion étant plus avantageux par le biais d'un voyage organisé, ils se retrouvent à faire partie d'un groupe touristique, mais une fois sur place, ils quittent le groupe, le père de Bernard est renversé par une voiture, et Bernard passe son séjour à se partager entre le lit d'hôpital de sa tante et celui de son père, tout en découvrant l'amour (avec la femme qui a renversé son père).
La situation promettait beaucoup, mais le fait que le père et le fils fassent partie d'un voyage organisé sans vraiment en faire partie est peut-être ce qui cloche, on se sent toujours entre deux eaux, entre deux genres, le comique et le plus sérieux, et je n'ai pas trouvé que les problèmes pratiques et existentiels de fin de vie se mariaient très bien aux soucis superficiels de gens en vacances.
De plus, on a des passages qui détonnent complètement avec le ton du roman, notamment des questionnements théologiques assez copieux (Bernard ayant été prêtre), des informations explicatives sur le tourisme qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe, des extraits de lettres que les vacanciers du groupe envoient à leurs familles qui manquent un peu d'intérêt, bref, tout ça part un peu dans tous les sens selon moi.
J'ai même décroché les trente dernières pages car le problème de présenter des personnages secondaires en début de roman et de les ignorer pendant une grande partie du livre, c'est qu'on ne sait plus qui est qui quand on en reparle à la fin.
Pour résumer, un roman soi-disant comique qui n'a pas fonctionné pour moi.















